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CISSON Georges, Félix, François, Joseph, Marie.
Né aux Arcs (Var), le 21 mars 1910, fils d'un fabriquant de bouchons qui mourut à la guerre en 1917, Cisson fut adopté par la Nation, le 22 janvier 1919. Élève des Pères Maristes (externat Saint-Joseph à Toulon, puis institution Sainte-Marie à La Seyne), il obtint le baccalauréat en 1928. Il suivit des cours par correspondance d'une école de travaux publics et effectua un stage à Fréjus (Var). Reçu en 1930 au concours d'adjoint-technique des Ponts et Chaussées, il devança l'appel et effectua son service militaire dans les Chasseurs alpins à Hyères. Il devint adjoint technique aux Ponts et Chaussées en 1931 à Draguignan et y habitait, boulevard Maréchal-Foch. Marié dans cette commune en avril 1935, il avait deux filles.
Influencé par les idées du Sillon, Cisson adhéra à la Jeune République et écrivait des articles dans La Jeune République, L'Aube, L'Ame populaire, Temps Présents. Il avait fait voeu de pauvreté en 1935 et appartenait au groupe de Saint-Vincent-de-Paul. Membre des Équipes sociales, il créa le syndicat chrétien à Draguignan. Il était en 1937 secrétaire de l'Union dracénoise des syndicats professionnels CFTC. Le 11 février 1939, lors du congrès fédéral de la CFTC, il fut élu secrétaire fédéral adjoint.
Mobilisé en août 1939 dans les Chasseurs alpins comme sous-officier, Cisson séjourna sur le front de l'Est et fut blessé, le 8 juin 1940 (perte de l'oeil gauche), dans l'Aisne.
Cisson adhéra à la Légion des combattants pour la noyauter et y resta jusqu'au 14 juillet 1943. Parallèlement, il menait une action ouvertement antigouvernementale en animant des groupes d'Éclaireurs de France. Diffuseur de la presse catholique, La Voix du Vatican, puis Témoignage chrétien, il animait à Draguignan le mouvement " Temps nouveaux ".
En 1941, Cisson contacté par le futur mouvement " Combat " diffusait ses tracts et son journal Vérités. Coupé du mouvement après l'arrestation de son correspondant Ruelle, il adhéra en 1942 à " Libération ". Il en devint le responsable local puis régional (chargé de l'action politique pour l'arrondissement de Draguignan). Il conserva ces responsabilités au début de 1943 quand les MUR se créèrent.
Après l'arrestation d'Auclair au printemps de 1943, Cisson devint le chef départemental de " Libération ". Vers juin 1943, il devint membre de la direction régionale des MUR, chargé de la presse et du service social. Il participa à la création du journal de toutes les organisations, Résistance.
À l'automne 1943, Cisson abandonna ses responsabilités régionales pour l'organisation du NAP (Noyautage des administrations publiques). Il créa le journal des MUR-R 2, Provence libre (décembre 1943). Il représenta le mouvement " Libération " au Comité départemental de Libération et fit notamment partie de la commission chargée des problèmes de presse présidée par Henri Michel (voir ce nom). Responsable avec Roustan de la diffusion de Libération, ils firent imprimer à plusieurs reprises l'édition nationale du journal à Toulon.
Depuis l'été 1943, Cisson était dans la clandestinité sous les pseudonymes de " Lucien ", " Lebrun ", " Dubosc ", " Roumi ".
Délégué du CDL à Draguignan après le 6 juin 1944 avec H. Michel pour organiser la mise en place des nouveaux pouvoirs en prévision du débarquement, Cisson fut arrêté à Marseille, le 12 juillet 1944 par la Gestapo dans le cadre de l'" affaire Antoine ". Il fut un des vingt-neuf fusillés de Signes (Var), le 18 juillet (en fait, selon l'état civil, le 19 juillet, vers 17 heures ; leurs corps furent découverts le 17 septembre). Il était alors lieutenant-colonel des FFI (selon le registre d'état civil).
Cisson fut une des personnalités marquantes de la Résistance varoise. Plusieurs communes honorèrent sa mémoire en donnant son nom à des artères ou à des édifices.
SOURCES : Arch. Dép. Var, 4 M 54, 16 M 19 4 ; 18 M 43. - Témoignages divers déposés à l'Institut du Temps présent, carton Var. Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale. - H. Michel, Quatre années dures, Paris, 1945. - A. Ruelle, L'ombre couvrait l'effort mais le soleil se leva ! La Seyne, 1979. - M. Baudouin, Témoins de la Résistance, thèse dactylographiée, Aix, 1977. - Presse locale. - Sources orales dont Monsieur H. Michel.