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ÉTIENNE Amélie, Adrienne, née GERMAIN Amélie Adrienne
Née le 1er novembre 1894 à Toulon (Var) ; institutrice ; militante syndicaliste, sympathisante communiste.
Fille d'un sous-officier canonnier de la Marine nationale, Amélie Étienne reçut une petite éducation religieuse. Admise à l'École normale d'institutrices de Draguignan en 1912, elle obtint le CAP d'institutrice en 1916. Mais, au lieu d'une troisième année d'École normale, elle fut obligée comme ses camarades de remplacer les instituteurs mobilisés. Ce temps de formation écourté constitua un facteur d'explication supplémentaire de son opposition à la guerre. Elle s'abonna très tôt à L'École émancipée et participa aux collectes humanitaires pour les populations russes affamées.
Elle adhéra à la Section syndicale du Var qui fut dissoute par ses membres plutôt que de s'affilier à la CGTU en novembre 1922. Dès la formation de l'Union générale des membres de l'enseignement du Var qui devait s'affilier plus tard au Syndicat national des instituteurs, elle y adhéra.
En poste au Brulat-du-Castellet (Var), elle épousa civilement le communiste Victor Étienne (voir ce nom) en août 1923 à Saint-Mandrier. Ils eurent trois enfants. Plus tard, le commissaire spécial de Toulon indiquait, en 1929, à propos de cette institutrice, " elle instruit, seconde son mari dans son action et l'accompagne de temps en temps dans ses déplacements ".
E. Maurel, secrétaire du syndicat des instituteurs, annonçait le 19 décembre 1926, qu'elle venait de démissionner du syndicat (lettre à Alziary, Arch. F. Alziary).
Le 20 juin 1929, lors d'une réunion à la Bourse du Travail de Toulon, avec Barel et Salducci, elle fut chargée de créer un syndicat CGTU de l'enseignement dans le Var. Le Parti communiste essayait de regrouper les instituteurs communistes ou sympathisants dans la Fédération de l'Enseignement qui s'opposait aux dirigeants de la CGTU. Le 8 décembre 1929, elle siégeait au bureau du congrès de la 9e Union régionale de la CGTU. Ce syndicat, dont elle abandonna en 1933 le secrétariat, connut un faible développement. Le 11 avril 1932, candidate au conseil départemental, elle obtint 28 voix sur 753 inscrites. En 1935, au moment de la réunification dans le SNI, le syndicat n'avait qu'une dizaine d'adhérents.
En 1933, elle avait obtenu difficilement sa mutation pour La Seyne (École Curie) où elle devait suivre son mari. Après la réunification syndicale, elle ne partageait pas les analyses des dirigeants nationaux et départementaux. Selon son témoignage, à la fin de 1936, elle cessa de cotiser. Cette démission ou radiation ne fut pas mentionnée dans le bulletin départemental. " Mon silence aurait pu paraître une approbation de l'activité syndicale de la majorité et j'ai préféré m'en aller plutôt que d'être complice ", écrivait-elle en 1976.
Elle se consacra à La Seyne au mouvement des femmes contre la guerre et le fascisme dont elle était secrétaire adjointe, aux groupes d'enfants Henri Barbusse (dont elle assurait la direction pédagogique) et au comité local d'aide à l'Espagne républicaine (ouvroir dont elle était directrice, accueil des réfugiés, etc.). Elle participait à de nombreuses réunions du comité de Front populaire de la ville comme déléguée des femmes. Elle s'occupa plus tard de l'accueil des réfugiés espagnols à Ollioules.
Révoquée de l'enseignement par arrêté du 23 janvier 1941, elle ne reprit son poste qu'à la Libération, ne se syndiqua pas et adhéra au Parti communiste queslques années plus tard. Toujours adhérente du Parti communiste en 1980, elle cotisait à diverses organisations (Mouvement de la Paix, Secours populaire, etc.).
SOURCES : Arch. Nat. F7/13021, 13749. - Arch. Dép. Var, 3 Z 4.30. - Archives privées : Pierre Fraysse. - Renseignements fournis par l'intéressée.