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ROBERT Eugène, Henri.
Né le 13 avril 1897 à Bargemon (Var), fils d'un artisan cordonnier à Saint-Tropez et d'une dame de compagnie chez des propriétaires de Bargemon, frère d'Augustin Robert (voir ce nom), Henri Robert vécut successivement à Bargemon et à Draguignan. Sa mère, catholique pratiquante, lui fit donner un enseignement religieux tandis que son père, socialiste fervent, vota, à la fin de 1920, pour l'adhésion à la IIIe Internationale. Il devint manŠuvre maçon, puis serrurier, avant d'entrer comme manŠuvre aux mines de bauxites de Tourves. En 1914, il entra comme ouvrier chez un garagiste de Brignoles. Mobilisé à Marseille dans un régiment d'Infanterie coloniale, il fut envoyé sur le front dans l'Aisne, le 9 janvier 1916. Blessé, évacué, il termina la guerre en Lorraine.
Après la grève de l'été 1919, Robert entra aux Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne et y travailla jusqu'en 1922. Il ne se syndiqua pas mais vota socialiste lors des élections législatives de 1924. Il entra ensuite comme ajusteur aux usines Whitehead à Saint-Tropez, le 27 août 1923. Adhérent du syndicat C.G.T.U. des métaux et du Parti communiste depuis 1924, après une grève, licencié le 15 janvier 1925, il fut embauché dans une manufacture d'instruments nautiques à Marseille (Bouches-du-Rhône). Par la suite, il alla travailler en région parisienne (Thomson-Houston, Citroën, Farman, mars-juin 1929). Il revint à Marseille pour travailler à la Société provençale de constructions aéronautiques (septembre 1929-mars 1930). De retour à Saint-Tropez, l'usine Whitehead ne voulut pas le réembaucher. Tour à tour docker, cultivateur et pêcheur, il devint, pour quelques mois, secrétaire administratif de l'Union locale C.G.T.U., le 13 octobre 1930. En 1932, il était le trésorier du syndicat des dockers.
Toujours membre du Parti communiste, Robert alla travailler à Cannes dans une usine d'aviation (octobre 1931-août 1932). Après un passage aux Forges et chantiers de la Méditerranée, mécanicien-rotativiste à l'Imprimerie du Petit Var en avril 1934, il devint chef d'atelier pendant la guerre. Il habita alors dans la commune d'origine de sa femme, Solliès-Pont. Après avoir milité dans une cellule communiste composée d'Italiens à La Seyne, il cessa toute adhésion au Parti communiste tout en demeurant membre du bureau du syndicat C.G.T. du Livre. Il ne réadhéra au Parti communiste qu'en 1943, fut un des dirigeants de la Résistance dans l'entreprise et siégea au conseil d'administration du Var libre, puis de Liberté du Var. Il participa aussi au conseil d'administration de la Société nationale des entreprises de presses qui gérait les biens de l'imprimerie frappés d'expropriation. Secrétaire de la cellule communiste de l'imprimerie à la Libération, membre du comité de la section communiste de Toulon en 1945, il n'exerça par la suite que des responsabilités syndicales (trésorier du syndicat C.G.T. du Livre) de 1952 à 1962, année de sa retraite.
Marié en septembre 1928 à Boulogne-Billancourt (Seine), remarié en août 1933 à Toulon, père de trois enfants, Robert y mourut le 14 juin 1984.
SOURCES : Arch. Dép. Var, 4 M 49 4 2, 3 Z 4 30. - Arch. privées : L. Thomazo. - Presse locale. - Renseignements fournis par l'intéressé.