LA MECQUE, SURNOM de La Seyne encore utilisé par les Vieux Seynois

(d'après M. Péronet, n° 1 de la revue "Le Filet du Pêcheur", publié en Mars 1981 par la Société de La Seyne Ancienne et Moderne)

 

POURQUOI CE QUALIFICATIF ?
 

- UN PEU D'HISTOIRE

Au temps des galères, du bagne de TOULON, tous les forçats n'étaient pas condamnés à vie. Lorsqu'ils étaient libérés, ils devaient faire un séjour probatoire à La Seyne. La Seyne était, et le fut encore pendant longtemps, une ville d'interdits de séjour. La Seyne, représentait donc pour ces galériens, l'espoir suprême : ce n'était pas la liberté définitive, mais c'était déjà le Paradis.

Pour comprendre le reste, il faut rappeler un peu ce qu'était la vie des galériens. Ils étaient cinq et quelquefois sept par aviron, enchaînés à leur banc. Comme il y avait une trentaine d'avirons de chaque bord, cela faisait quelque trois cents galériens, qui vivaient dans une effroyable promiscuité, faisant leur besoin sur place et, quand on sait que l'essentiel de leur nourriture était constituée de fèves, on n'est pas surpris d'apprendre que si l'on était sous son vent à la mer, on la sentait bien avant de la voir, "La Galère"

Pour chaque aviron, il y avait un chef de nage, qui se trouvait le plus près de la passerelle du garde-chiourme. C'était lui qui était responsable de l'évolution de l'aviron. Ce chef de nage était toujours un galérien volontaire, c'était généralement des Turcs, donc des musulmans et la plupart acceptaient ce dur métier pour pouvoir aller un jour à la MECQUE, embrasser la Kasba et en faire sept fois le tour.

Donc, vous voyez la similitude, pour le galérien, La Seyne représentait la fin de cette vie de damné, n'être plus rivé à cette chaîne, jour et nuit, à terre comme à la mer. C'était donc sa "Mecque à lui".

A noter qu'à l'époque, les bagnards étaient les seuls à parler français, car c'était la langue véhiculaire la mieux adaptée pour ces gens venant de tous les coins du pays.

Et, en conséquence, quand les Seynois entendaient parler français, ils disaient "Es enca un escapa de galère" (C'est encore un échappé de galère).

 


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